Quel est l’intérêt de cultiver sa créativité ?

cultiver sa creativite

Qu'on se le dise, une bonne fois pour toutes, cultiver sa créativité n'est pas réservé qu'aux artistes ou aux inventeurs. La semaine dernière, j'ai publié un sondage sur Instagram et il en est ressorti que 45% estimaient ne pas être créatifs. En réalité, nous avons tous cette faculté en nous, et ce, dans les différentes sphères de notre vie. 

La créativité est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, et tu vas comprendre pourquoi juste après. Dans ce billet, je t'explique pourquoi (selon moi) autant de personnes pensent ne pas avoir cette aptitude, et l’intérêt que je vois dans le fait de cultiver sa créativité au quotidien ! 

Le processus créatif

La créativité, c'est cette capacité qu'on a à imaginer, inventer, innover, développer des idées

Le processus créatif se décompose en 3 étapes:

- ÉTAPE 1 : le développement des connaissances et du savoir, qui va nous servir de boite à outils dans laquelle on ira piocher des idées,
- ÉTAPE 2: les pensées divergentes, qui permettent de solutionner un problème ou de répondre à une question de plusieurs façons.
- ÉTAPE 3: les pensées convergentes, qui vont synthétiser tous les éléments pour faire ressortir la meilleure solution. 

On ne s'en rend pas forcément compte, mais ce processus intervient dans tous les domaines de notre vie sans forcément qu'un aspect artistique ou innovateur entre en ligne de compte.

En cuisine par exemple, lorsqu'il te manque un ingrédient et que tu le remplaces par un autre. Au sein de ton organisation, quand tu es amenée à changer tes plans à la dernière minute pour cause d'imprévus.  Qui n'a jamais fait appel au bon vieux système D ?

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Pourquoi ne sommes nous pas plus créatifs ?

Tu auras sans doute remarqué que contrairement à nous, les enfants débordent d'imagination. Petits, on bricole, on dessine, on colle, on invente des histoires avec nos poupées et autres figurines, on construit des cabanes avec trois morceaux de cartons, on se déguise avec des chutes de tissus délabrés pour coller au plus près des rôles qu'on se donne. 

Enfant, j'étais très inventive, je touchais à tout. J'avais toujours un bricolage sur le feu et j'adorais détourner les objets du quotidien. Quand j'ai su à peu près écrire, je me suis mise à raconter des histoires (en phonétique certes). J'allais jusqu'à coller des morceaux de feuilles ensemble pour obtenir un semblant de livre, avec de vraies pages qui se tournent. Mes "romans" étaient bien évidemment, illustrés ! Mes proches disent souvent de moi que je débordais d'imagination à cette époque. J'en garde de super bons souvenirs ; je laissais aller mes rêveries et je ne voyais pas le temps passer.

Puis j'ai perdu tout ça en grandissant. Le problème dans l'histoire, c'est que notre modèle de société repose essentiellement sur deux des étapes du processus créatif : les connaissances, et la pensées convergente. La pensée divergente quant à elle, est complètement mise de côté par notre système éducatif traditionnel. Il n'y a pas de place pour l'éveil et la curiosité de l'individu puisqu'on a tendance à consommer l'information de façon passive. 

A l'école, on nous demande d'apprendre des poésies par cœur, de connaitre nos leçons sur le bout des doigts jusqu'à pouvoir les régurgiter, on apprend que 1 et 1 font 2. On nous met en tête qu'il n'y a qu'une seule solution à chaque problème donné. Et si par malheur un élève ne donne pas la réponse attendue par le professeur, c'est sanction assurée, critiques voire moqueries. De quoi te calmer pour le restant de tes jours. La créativité est alors brimée, et malheureusement, mise de côté.

Je crois que je me rappellerai toute ma vie de mon entrée fracassante en CM2 (attention séquence émotion, prépare tes mouchoirs, je vais te faire de la peine). J'étais tombée sur LA maîtresse pète-sec de l'école. Autant te dire qu'il fallait se tenir à carreaux. Ce qui ne me posait pas spécialement de problème vu que j'étais une élève sans histoires et très disciplinée (par la force des choses étant donné que les adultes me faisaient flipper)
Le jour de la rentrée, on a eu droit à un contrôle surprise. Couleur annoncée. Une façon pour elle d'évaluer notre niveau et de savoir à qui elle avait à faire je suppose. L'exercice consistait à écrire une légende sous une série d'illustrations. Tu me connais, j'aime la dérision, et dis-toi que petite, c'était déjà le cas. J'ai donc fait l'exercice en y intégrant des touches d'humour. Je me souviens de ce dessin qui représentait deux cigognes sur un toit. J'avais noté quelque chose du style "Bonjour Gertrude, comment ça va ?" "Plutôt bien, il fait beau aujourd'hui !". Qu'est-ce que je n'avais pas fait...

Le lendemain, ces exercices étaient déjà corrigés, et j'ai vécu ma première humiliation publique. Avec son air suffisant, Madame Pète-Sec s'est donnée un malin plaisir à lire l'intégralité de mon devoir devant toute la classe qui riait aux éclats. C'en est suivi une série de brimades, une remise des pendules à l'heure, et, un 3/10.

Je suis rentrée chez moi en pleurs, avec la certitude que j'étais nulle et que j'allais redoubler mon année. J'ai passé mon année de CM2, et les suivantes à essayer de rentrer dans les cases, et à faire ce qu'on attendait de moi, le tout, avec la boule au ventre.
Je ne l'ai analysé que plus tard mais ce jour là, Madame Pète-Sec a cassé quelque chose en moi. Elle a fissuré ma créativité, et m'a fait perdre le peu de confiance que j'avais. 
Alors certes, au lieu d'écrire "Deux cigognes sont sur un toit", je les ai fait vivre et leur ai inventé une histoire... Quelle importance étant donné que le but de la manip' consistait à évaluer notre niveau en orthographe ? C'est un autre débat (tu le sens que j'ai encore les boules ou pas?).

Pour clore sur mon parcours scolaire, j'ai toujours eu plus ou moins de difficultés à apprendre et à régurgiter. Parfois, j'apprenais des leçons sans les comprendre. Mais s'il y avait bien une matière dans laquelle j'excellais, c'était l'expression écrite ; là où on avait carte blanche pour rédiger librement. 15/20 au BAC (fallait que je le place)

Bien entendu, l'éducation scolaire n'est pas la seule explication. Les interactions sociales avec  le cercle familiale entrent également en ligne de compte. Pas évident en tant que parent, d'imposer des limites sans pour autant entacher la pensée créative d'un enfant. Par exemple, un petit qui dessine sur les mûrs de sa chambre découvre que le papier n'est pas le seul support sur lequel il peut exercer son art. La position, les gestes, la sensation du crayon sur les reliefs est différente. Il explore et appréhende le dessin sous un angle différent. Mais une fois l'objet du délit révélé au grand public, on lui fera comprendre qu'écrire sur les murs est une bêtise, et on le réprimandera de façon à ce qu'il ne recommence plus. 

Dans les deux cas, je pense que notre créativité s'essouffle parce que nous avons peur des conséquences liées au fait de la laisser s'exprimer.  Petit, on a peur de se faire disputer ou critiquer, puis plus tard, d'être ridicule ou de se faire juger (ce qui m'arrive assez fréquemment au travers de mon activité sur internet).

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Pourquoi cultiver sa créativité est important

Pourtant, je pense que cultiver sa créativité est un aspect de notre vie qui mérite qu'on s'y attarde. Ce, même si nous n'avons pas une âme d'artiste écorché vif, que nous ne sommes pas spécialement attiré par des activités créatives comme le dessin, l'écriture, la couture, la sculpture et j'en passe.  

Au quotidien

Que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, elle peut nous permettre de faire face aux imprévus, de s'adapter aux situations changeantes en trouvant de nouvelles idées, des alternatives (les adeptes du zéro déchet verront de quoi je parle).

En ce moment, on se refait l'intégralité des saisons de Desperate Housewives avec Pépé, et je suis toujours en admiration devant l'imagination débordante du personnage de Lynette Scavo. Sa créativité lui permet de se sortir de bien des situations et d'arriver à ses fins dans la plupart des cas. Je crois que c'est pour ça qu'elle a toujours été ma préférée. Certaines se rappelleront peut-être de l'épisode où elle subtilise les cendres de sa voisine décédée en les remplaçant par le contenu du sac de l'aspirateur. Un tour de passe-passe créatif qui lui permet de conserver les véritables cendres et de les répandre selon les dernières volontés de la défunte, chose que la famille ne comptait pas honorer. 

Autre référence peut-être plus connue : Mac Gyver, capable (entre autres) de remplacer les piles d'un réveil par une pomme de terre et quelques fils conducteurs. 

Si je devais te servir un exemple un peu moins extrême et non fictif, je te parlerais de la fois où je me suis vue donner quelques coups d'agrafeuse dans ma jupe afin d'en dissimuler le trou béant fraîchement occasionné par des talons aiguilles qui n'étaient pas les miens. Et ce, juste avant le démarrage d'une réunion professionnelle que je devais mener. Ce jour-là, pas sur que mes pensées convergentes aient été bien efficaces, la dite-jupe n'a pas survécu. 

Pour travailler sur soi

Dans le domaine de l'introspection, cultiver sa créativité permet de s'épanouir davantage, de se réaliser, voire de se réparer. En effet, avoir la capacité de voir les choses sous des angles différents peut nous conduire à relativiser, à débloquer des pensées limitantes ou des peurs bien ancrées. Et à partir de là, le chemin est débroussaillé pour sortir des sentiers battus, de sa zone de confort et peut-être même, pour réaliser certains rêves bien enfouis. 
J'y travaille via mon journal d'introspection dont je te parlais la dernière fois. Je ne vais pas en faire l'éloge une seconde fois, mais tout ce que je peux te dire, c'est qu'effectivement, des envies et désirs inconscients ont refait surface depuis que je l'utilise. Je solutionne même des problèmes toute seule comme une grande avec !

Il existe une flopée d'outils et d'exercices pour cultiver sa créativité. D'ailleurs, si tu en utilises, n'hésite pas à en causer dans les commentaires, j'adorerai échanger sur le sujet. Puis si à contrario tu restes sceptique, et que tu n'y vois aucun intérêt, débattons, les commentaires restent ouverts !

La Bise,
Marie 

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Commentaires

Cécile Fagot

Dans le quotidien, j’essaye de l’appliquer, en matière de réduction des déchets, je cherche toujours une solution pour réutiliser des boites emballage, trouver une alternative. Quand j’ai commencé, c’est grâce à ma créativité que j’ai trouvé des idées. Par contre, je ne veux pas partir dans tous les sens en matière de créativité, j’ai voulu me lancer dans l’écriture, mais je ne m’y retrouvais pas. Du coup, je me concentre sur ce qui aura une finalité , ayant maison et jardin, je me documente sur la permaculture, les plantes leur utilisations et leur bienfaits au quotidien : en cuisine, cosmétiques, jardin, santé.
J’ai toujours ailé la broderie, j’essaye de trouver des idées de décoration.
En cuisine maison aussi.
Voilà ma façon de maintenir ma créativité.
Je me centre sut ce qui mr fait du bien et plaisir.

Mémé

Merci Cécile ^^. Clair qu’il faut aussi réussi à la canaliser cette créativité, et aller vers ce qui nous porte et ne se forcer en rien. C’est que que quand on se lance dans le zéro déchet, on commence à avoir des réflexes et plus d’idées en matière d’alternatives et de détournement d’objets 🙂 !

Virginie

Coucou 😉 Ah Mac Gyver !!! Des souvenirs refont surface en moi quand tu en parles. Bien sûr je ne loupais aucun épisodes !!! astuces efficaces obligent :))
Mais de mon côté ces astuces ne fûrent pas une franche réussite…………….
J’avais oublié de considérer que c’était une fiction ! Quand j’y repense ça me fait rire :)) A ce jour pour développer ma créativité j’utilise le crochet et le dessin/coloriage c’est ce que j’aime le plus réaliser 😉

Mémé

Coucou 🙂 ah ce bon vieux Mac…! En parlant de crochet, je n’ai toujours pas avancé depuis, mais l’automne arrive et je sens que ce sera la saison propice !
Bibi

Sophie

Super, cet article !
Je suis bien d’accord avec ce que tu racontes !
Me lancer dans un journal créatif a boosté ma créativité. Après 6 mois, je remarque toutefois que j’ai tendance à utiliser le même type de médias, de mise en page, etc. J’ai envie de tenter d’autres choses pour explorer encore !

Mémé

Oui j’ai eu le même réflexe au début, mais avec le temps tout se débloque, il n’y a pas de limites et c’est ça qui est super ^^. Merci pour ce retour 🙂

sarah

Joli article!je me suis remise à la déco d’intérieur(étagère en cagette,cadre..) et je dois dire que depuis je me sens plus vivante,pleine d’envie,d’idées et d’énergie et surtout quelle satisfaction d’aller au bout d’un projet surtout si il est réussi!

Mémé

Oui, c’est tout à fait différent de fabriquer soi-même je trouve. Ca donne beaucoup plus de valeurs aux objets je trouve. J’ai finaliser deux housses de coussins au crochet ce week-end, et j’éprouve une grande fierté ! J’aime même leurs petits défauts (ce sont mes premiers ouvrages au crochet). Le hic, c’est que maintenant je n’ose même pas m’affaler dessus de peur de les abimer 😀

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