Pourquoi je n’écris plus mes gratitudes tous les jours

pratiquer la gratitude

"Pratiquer la gratitude". Encore une notion de développement personnel bien pompeuse dont on a toutes entendu parler au moins une fois. J'ai mis des années avant d'intégrer cette pratique dans ma vie, et ce, par pur scepticisme. Je n'en voyais pas l’intérêt et le terme en lui-même me semblait bien trop perché. Et puis comme beaucoup, j'ai fini par tomber dans la marmite, forcée de constater qu'être reconnaissante au quotidien avait des pouvoirs bienfaiteurs me concernant.

Qu'entend-on par "gratitudes" ?

Pratiquer la gratitude, c'est être reconnaissant envers ce qu'on possède déjà en se focalisant sur le moment présent. C'est s'émerveiller face à des choses dont on ne voit plus la beauté de prime abord, c'est voir le bon côté des choses en toutes circonstances, "faire avec",  bref, apprécier la vie en ne prenant rien pour acquis. Pour moi, c'est un peu garder son âme d'enfant quand il découvre quelque chose pour la première fois, additionné d'un perpétuel recommencement. 

Personnellement, je n'aime pas tellement le terme "gratitude". Je l'ai toujours trouvé trop solennel et pas vraiment à ma portée. C'est en lisant "3 kiffs par jour" de Florence Servan Schreiber que j'ai pu démystifier la chose. Elle appelle ça, "les kiffs". De mon côté, c'est "les trucs cools" ou "les petits plaisirs", ça dépend de l'humeur. Ça peut paraître sans importance, mais rebaptiser la chose à ma sauce m'a débloquée dans la pratique #jdisça-jdisrien.

Quels bénéfices à pratiquer la gratitude ? 

Des études rondement menées par Sonja Lyubomirsky ont déterminé que notre bien-être est davantage lié à nos pensées et comportement qu'aux circonstances mêmes. La fameuse part des 40% dont je te parlais dans ce billet.  J'ai eu beaucoup de mal à intégrer cette notion, persuadée que mon bonheur dépendait de mon cadre de vie, du temps qu'il faisait dehors, et de mon petit confort. En fait non, et je vais te dire, c'est une super bonne nouvelle. Parce que même si nous ne sommes pas tous égaux face au bonheur dès le départ (génétique oblige), nous pouvons tous agir sur ces 40% et relever la barre.

En pratiquant les gratitudes, on se conditionne à penser positif et on agit sur ces fameux 40%. On réapprend à profiter des petits plaisirs en les appréciant pour ce qu'ils sont, en clair on s'exerce à se satisfaire de notre existence. Ainsi, on neutralise l'envie, les comparaisons aux autres, l'hostilité, l'anxiété et le stress

Selon les études, pratiquer la gratitude rend donc plus heureux, optimiste et énergétique. Serviable et emphatique par rapport aux autres. Enfin, plus apte à combattre la déprime et l'angoisse. Une solution gagnante qui agit donc à la fois sur notre santé mentale et physique. 

pratiquer la gratitude
Du scepticisme à la constatation des bienfaits

Il y a plusieurs façons de pratiquer la gratitude. De mon côté, j'ai mis un point d'honneur à les rédiger tous les soirs dans mon journal. J'aime bien avoir des traces écrites, m'y replonger en cas de coup dur et profiter de l'effet cumulé. C'était devenu un rituel auquel je ne dérogeais pas.

Au début, c'était vraiment, vraiment compliqué. Pour te planter le décor, je ne suis pas d'un tempérament naturellement joyeux et optimiste. J'ai tendance à vivre mes journées en pilote automatique sans vraiment prendre pleinement conscience de ce qui m'entoure. Il faut dire que j'ai un sérieux problème avec la notion du temps. J'ai constamment peur d'en manquer, ce qui me ramène bien souvent à beaucoup plus penser au futur qu'à être pleinement ancrée dans le présent. Mais ça, c'est un autre sujet sur lequel je reviendrai bien volontiers dans un prochain billet. Tout ça pour dire que j'avais beau me repasser la journée en boucle dans la tête, je ne trouvais rien de bien positif. 

Je m'étais mise comme objectif d'écrire au moins 3 choses positives par jour. Encore fallait-il les trouver. Je ne te cache pas qu'au début, j'écrivais des choses histoire de, sans vraiment ressentir une profonde reconnaissance.

Puis va savoir ce qui s'est débloqué, mais à force de pratiquer, j'ai réussi peu à peu à en écrire davantage. 4, puis 5, puis 6...Plus le temps passait, plus j'en trouvais. Plus je les voyais surtout ! Aujourd'hui, j'ai arrêté de les compter, et une fois la session gratitude terminée, je me dis souvent "j'ai de la chance quand même". Preuve que mon esprit est véritablement reconnaissant et que ma pratique n'est plus un exercice à la noix mollement survolé. 

Petite précision qui a son importance : il faut savoir que parallèlement à tout ça, je me suis mise sérieusement à la méditation en pleine conscience. Un moyen de m'ancrer davantage dans le présent qui, je pense, n'est pas étranger à mes progrès en matière de chasse aux kiffs.

J'ai rédigé mes gratitudes tous les jours pendant une semaine et demie avant de constater les premiers effets bénéfiques. Ce qui est relativement court. J'ai commencé à me sentir plus confiante pour l'avenir, reconnaissante envers la vie (chose qui ne m'étais jamais arrivé avant, qu'on se le dise, je reviens de loin), et globalement bien dans mes baskets.

Je ne suis pas en train de te dire que c'est la méthode miracle pour aller mieux, personnellement, je ne vis toujours pas dans le monde des bisounours et il m'arrive encore de péter des piles pour pas grand chose. Mes chers amis : doute, stress et angoisse sont toujours là, mais disons que j'arrive à les tenir à distance de façon à ce qu'ils ne m'envahissent pas trop. 

Pourquoi j'ai arrêté d'écrire mes gratitudes tous les jours ?

Quand je te dis que je rédigeais mes gratitudes tous les soirs avant de dormir, c'était réellement TOUS les soirs. Que je sois fatiguée, pas franchement motivée, en proie à une flemme aiguë ou pas chez moi, je n'y dérogeais pas ! J'avais peur que manquer le rendez-vous une fois me fasse perdre le fil de cette nouvelle habitude qui je le voyais bien, avait sa part de responsabilité vis-à-vis de mon état d'esprit. 

Mais le problème était là : c'était justement devenu une habitude. Ecrire mes gratitudes était devenu une pratique routinière, que je faisais parce que je me l'étais imposée. Une sorte de besogne à faire tous les soirs avant de dormir. Sans m'en rendre compte tout de suite (il faut le temps que ça monte jusqu'au cerveau), j'ai commencé à me "forcer" à certains moments #mauvaissigne. Mode pilote automatique réactivé.

Et comme j'en venais à rédiger des lignes vides de reconnaissance profondes, je te le donne en 1000 : doute, stress et angoisse étaient de nouveau là et ingérables.

Du coup, j'ai lâché du leste, et me suis rendue compte qu'être reconnaissante envers la vie ne tient pas seulement à 3 pauvres lignes écrites sur un carnet. C'est un état d'esprit permanent auquel il faut s'accrocher tout au long de la journée et pas seulement le soir venu, stylo à la main. Et ça, je ne l'ai pas intégré tout de suite.

Etre reconnaissant, de différentes façons

Finalement, j'ai continué à pratiquer la gratitude mais de différentes façons. D'un part, en m'ouvrant davantage vers l'extérieur et en remerciant les concernés directement. Un effort surhumain pour moi, l'introvertie de service en proie à une certaine forme de phobie sociale.

Je dis merci non plus par simple politesse ou de façon mécanique, mais en y mettant tout mon cœur et en le ressentant vraiment. Je me surprends à remercier les gens pour quelque chose de bien spécifique. Pour le temps qu'ils m'ont accordé, leur gentillesse (s'il y a lieu, faut pas déconner non plus), leur aide, ou leur disponibilité. Buraliste, libraire, pharmacien... Même la nana de l'URSSAF y est passée ainsi que ma dentiste qui m'avait pourtant arraché une dent la fois dernière (elle, je l'ai remerciée pour sa douceur et sa rapidité d’exécution).  Tu ne seras pas surprise si je te disais que les gens te le rendent d'une manière ou d'une autre et que ça fait un bien fou.

pratiquer la gratitude

Je pratique également en m'arrêtant et en observant ce qui m'entoure avec attention. Par exemple, je ne me lasse pas de regarder mon chat avoir ses quarts d'heure de folie, ce qui arrive à peu près tous les jours aux alentours de 20h30. En vérité, je crois que je pourrais y passer mes journées.

Sans vouloir cirer les pompes de qui que ce soit qui lirait ces lignes, j'éprouve aussi beaucoup de gratitudes envers les personnes qui me laissent des gentils commentaires sur ce blog, sur les réseaux ou par mail. Que ce soit par le biais d'une ligne ou d'un pavé, je me dis souvent que j'ai de la chance de pouvoir échanger avec autant de personnes et de me nourrir de leurs expériences. Je crois que c'est pour ça que je ne suis jamais bien réactive dans mes réponses. Je n'ai pas envie de faire ça entre deux portes. Je préfère prendre le temps et apprécier l'instant.

Finalement, ce sont des choses quotidiennes, dites "à-la-con", mais que je ne voyais pas avant. Comme si tout était normal, tout m'était acquis. Et que c'est bon d'ouvrir les yeux !

Je n'ai pas laissé tomber mon carnet pour autant. Comme évoqué, j'aime avoir des traces écrites, je suis très conservatrice. Cependant, je l'utilise uniquement quand j'en ai envie, que j'en ressens le besoin, en cas de coup de mou aussi, histoire de me remonter le moral. Je n'en fais plus une obligation. C'est juste un outil en plus.

Conclusion, pratiquer la gratitude, ça fonctionne, et certaines études en attestent. Mais pour que les bienfaits positifs soient durables, je pense qu'il faut varier les manières dont on s'y prend, et j'ajouterais même les domaines auxquels on s'attarde. Se concentrer sur les aspects positifs de sa vie sociale, puis professionnelle, de sa journée, de son passé, de sa santé, de sa vie en générale...

Pour clore, je t'invite à pratiquer la gratitude l'espace d'un instant, et à nous partager 3 choses (ou plus, surtout pas de restriction) pour lesquelles tu es reconnaissante aujourd'hui. Si tu n'y arrives pas, tu peux toujours commencer par "j'ai vraiment de la chance de..." puis compléter la suite 🙂 Puis si tu as envie d'y revenir de temps à autres pour en noter de nouvelles, n'hésite pas !

Les miennes aujourd'hui consisteront à remercier :
- Mon inspiration, pour m'avoir permis de rédiger ce billet avec fluidité,
- Mon énergie, pour m'avoir donné assez de motivation pour passer l'aspirateur,
- Le facteur, pour m'avoir apporté un livre commandé il y 2 jours et qu'il me tarde de commencer,
- Mon chat, pour ses cabrioles légendaires et sa mignonnette naturelle
- Pépé, pour passer autant de temps à lire et à relire mes billets et m'aider à te cacher la triste vérité : je suis une buse en orthographe !

La Bise,
Marie

pratiquer la gratitude

Commentaires

Veronik

Article lucide et drôle. Et aussi plein de bons conseils. Je n’ai toujours pas sauté le pas pour le carnet de gratitudes. Ce me donne à réfléchir…

Mémé

Merci Veronik 🙂 Et ravie si ça a pu semer quelques petites graines 🙂

Kathel

Merci de donner envie d’entamer une grande chasse aux kiffs
Merci de me confirmer qu’il ne faut pas toujours grand chose pour se sentir bien
et Grand Merci pour l’humour et la partage qui fait toujours une bien fou
Bonne soirée

Mémé

Avec plaisir Kathel ! Merci à toi de m’avoir lu 🙂 Bonne chasse aux kiffs !!!!

Gaudfroy

Superbe billet, je suis bien d’accord avec toi, c’est un état d’esprit, moi aussi ça me gave de devoir écrire tout les jours, toutes ces belles choses sont dans ma tête et comme toi j’ouvre grand mes yeux

Maud

Magnifique billet, je suis tout à fait d’accord avec toi. Écrire tous les jours me gave . Toutes les belles choses que j’ai pu voir sont dans ma tête. Comme toi j’ouvre mes yeux en grand et c’est ça qui compte vraiment.

Mémé

Oui c’est ce qui compte 🙂 Après je pense que quand on démarre et qu’on a pas encore le réflexe d’ouvrir les yeux, la tenue d’un journal est vraiment pas mal 🙂

Virginie

Coucou, magnifique billet ;)!!! Effectivement écrire TOUS les soirs ses 3 kiffs peut devenir certain soir moins efficace si on est très fatigué où que notre journée n’a pas été terrible. Moi aussi au début j’écrivais tous les soirs et cela pendant 3semaines et puis j’en ai eu marre, c’était devenu une contrainte certain soir, alors maintenant, je me tiens à écrire un soir par semaine mes kiffs et peu importe le nombre. Et ça me va bien comme ça 🙂

Mémé

Coucou ! Oui il faut trouver son propre rythme finalement, et la façon de le faire 🙂

Guillou

De même j’ai eu une période où j’ai écris mes 3 kiffs du jour puis j’ai arrêté car j’en avais plus besoin en fait. Et là j’ai repris, avec en plus, le livre 3 ans de pensées positives, très inspirant lui aussi.
Remercier les gens était d’ailleurs une action à réaliser et en fait, ce n’est pas facile ! Qu’en penses-tu ?

Mémé

Coucou !

Oui le livre 3 ans de pensées positives est super inspirant car il te pousse à te poser des questions auxquelles tu n’aurais peut-être pas songé par toi-même, c’est ce qui en fait sa force je trouve. J’ai commencé à l’utiliser en début d’année puis, je me suis rendue compte que finalement, je préfèrerais être libre dans ma façon de travailler les pensées positives et bonnes actions. Je me sentais trop étriquée et il y avait vraiment des questions qui ne m’évoquaient pas grand chose au moment T.
Pour ce qui est de remercier quelqu’un, je ne trouve pas que ce soit si compliqué que ça. Le tout est d’éprouver une gratitude sincère et de ne pas le faire juste par politesse, c’est ça qui est peut-être difficile au début. Enfant, on nous apprend à dire « merci » à tout bout de champs et on ne nous explique pas forcément pourquoi. On sait que c’est une marque de respect, mais pas vraiment ce que ça signifie réellement derrière.

En quoi trouves-tu ça difficile ?

simon

très bel article,une petite bouffée positive avant de commencer la journée,un grand merci.Sarah

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